Faut-il tout se dire ?

Pour rester au top des connaissances en gestion de projet, je consulte régulièrement le blog de Michel Operto, DantotsuPM. J’ai été interpellé par cet article sur la transparence. Dans le cadre d’un projet, c’est une chose; cela peut aussi bien concerner un projet interne qu’un projet externe. Qu’en est-il dans le cadre du contract management ? Peut-on (doit-on) tout dire à l’autre partie ?

Thèse: non

Evidemment non ! L’autre n’a pas besoin de tout savoir.

Je suis le fournisseur et j’ai des problèmes pour trouver du personnel qualifié ? Le client m’a sélectionné pour que je le fasse, ce n’est pas la peine de tendre le bâton pour me faire battre ! Méchant client

Je suis le client et j’ai de la marge dans mon projet ? Le fournisseur n’a pas besoin de le savoir, sinon il va procrastiner et me la prendre. Coquin (escroc ?) de fournisseur….

Et puis on pourra toujours arguer qu’on ne savait pas, qu’on avait tout prévu sauf ça, qu’on n’a pas menti, qu’on a été transparent,….

Et d’ailleurs le contrat ne dit pas qu’il faut TOUT se dire ! Alors je ne dit pas tout; juste ce qui m’arrange.

En échange, je sais que l’autre ne me dit pas tout; juste ce qui l’arrange.

Alors je deviens suspicieux, il devient suspicieux, et la défiance s’installe……………

Antithèse: oui

Evidemment qu’il faut tout se dire ! Et quand j’écris « tout », je pense « tout » !

Je suis fournisseur et un de mes techniciens a démissionné, j’en informe le client en lui précisant que ce n’est pas grave puisqu’il n’était pas affecté à son projet.

Je suis client et mes résultats annuels sont exceptionnels, j’informe tout de suite mes fournisseurs pour leur dire que je suis plein aux as.

J’abreuve tellement l’autre d’informations, qu’il sait tout de moi et de mon organisation.

Et il fait pareil, on travaille vraiment en confiance ensemble ! Par contre, je ne sais plus bien ce qui est important de ce qui est accessoire. On me parle à la fois du mal de dos de Mme Michu que du chien malade de M Robert ou de l’usager qui le voudrait rose mais qui finalement revient au vert.

Il n’y a plus de filtre, plus de priorité, et c’est à moi de trier le bon grain de l’ivraie. C’est à moi de savoir ce qui est important. Nous nous noyons mutuellement dans l’information.

Foutaise: tout le reste (*)

Comme souvent en gestion de projet, et le contract management ne fait pas exception, la bonne réponse est:

Ca dépend !

Je sais, c’est décevant comme réponse, mais c’est ce qui fait l’intérêt du métier, non ?

Reprenons notre débat…

Donner une information à l’autre partie, cela dépend de plusieurs facteurs, mais avant tout de la confiance que l’on veut créer. Une information donnée doit être utile, pertinente, efficace, comprise, inspirer confiance, sans sous-entendu ni arrière-pensée.

Oui mais comment faire ?

Et bien là encore, la réponse est assez basique: demandez à l’autre !

Juste – nécessaire – complet

Au début de la relation, vous ne savez pas trop si une information intéresse l’autre ou est trop générique, ou trop précise. Demandez lui si elle l’intéresse ! C’est un pas vers la confiance. Car la confiance n’est pas croire tout ce que l’autre dit, mais croire que ce qui est dit est juste, nécessaire, et complet.

Cette confiance est indispensable à la bonne marche du projet. Et quand une information est trop sensible pour être divulguée, comme le précise Michel dans son article, expliquez pourquoi vous ne pouvez pas donner l’information en précisant par exemple que c’est confidentiel.

Alors, on se dit tout ?

(*) Une pensée pour ma professeur de Français de 1ère qui nous présentait le plan type: thèse – antithèse – foutaise (« tout ce qu’on n’a pas pu mettre dans les deux premières parties » disait-elle)

Ce contenu a été publié dans Gestion de la relation client, Project Management, Relation client, avec comme mot(s)-clé(s) , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *