La médiation de projet
10 octobre 2026

La médiation de projet


Il y a quelques jours, le cabinet D’Alverny a organisé une matinée sur la médiation de projet.

Autour de Fanny Richard : Hubert D’Alverny, avocat et médiateur, Linda Benraïs, professeure affiliée au Centre IRENE sur la négociation et la médiation de l’ESSEC, Charlotte Duffour, avocate et médiatrice.

Le principe de la médiation de projet, c’est tout simplement quelqu’un (le médiateur) qui va accompagner les acteurs du projet tout au long de la vie du projet pour éviter les conflits d’apparaître. Il s’agit donc, contrairement à de la médiation « classique », d’agir en préventif au lieu du curatif.

Bien sûr, la confidentialité est de mise, ce qui permet à quiconque de s’exprimer, et ensuite au médiateur d’initier des échanges.

« C’est parce que c’est confidentiel que c’est raconté » (L.Benraïs)

Cette médiation fait écho au modèle de Tuckman, qui énonce qu’une fois passée l’euphorie du début vient une phase plus problématique (le storming) qui doit mener à une phase de normalisation, puis de performance maximale de l’équipe. La médiation de projet va aider à passer ce creux.

« Aucun diagramme de Gantt ne peut résoudre les problèmes psychologies » (H.D’Alverny)

Ainsi, les parties conviennent, au démarrage du projet, de nommer une personne qui pourra être saisie à tout moment, et proposer des réunions, si une difficulté est anticipée ou pressentie. Tous ces échanges, toutes ces réunions, doivent faire partie de la comitologie du projet, et la médiation de projet peut donc être décrite dans cette partie du contrat.

Avantages et objectifs

Les avantages et objectifs de la médiation de projet sont :

– c’est une construction contractuelle, non encadrée par la loi, donc très libre

– le médiateur suit le projet du début à la fin

– dans le cadre de groupements, sur le projet se passe bien (grâce à la médiation de projet notamment), alors le groupement peut être reconduit pour d’autres projets

– la médiation de projet est un facteur clé de succès du projet à un coût raisonnable au regard des coûts induits en cas de problème

Limites et pièges

Les limites et points de vigilance sont :

– comme il n’y a pas de cadre légal, il faut articuler la médiation de projet avec les autres clauses, comme la forclusion (est-ce que la médiation la suspend ?) ou les moyens de résolution de différends (la médiation de projet est-elle une étape rendue obligatoire par le contrat avant tout autre moyen ?)

– cette modalité n’est pas encore devenue très répandue, donc en cas de changement de chef de projet, il faut réexpliquer au nouveau l’intérêt de la médiation de projet

– certains acteurs ont la culture du conflit et du claim, donc la médiation est souvent rejetée par eux

– le médiateur ne doit pas se substituer aux autres acteurs, notamment le chef de projet

-force exécutoire : ce n’est « que » contractuel ; chaque rédacteur le rédige comme il veut

– aspect psychologique : est-ce que les gens vont aller se confier à un tiers de confiance pour leur raconter leurs problèmes ?

– le médiateur doit être choisi pour la maîtrise du processus de médiation et non parce qu’il est connu dans le milieu

Le médiateur de projet – qui est-il ?

Le médiateur de projet :

– connaît un peu le métier du projet pour comprendre les enjeux, sans en être un expert

– est disponible sur la durée

– maîtrise les techniques de médiation du pays (chaque pays peut avoir des techniques différentes)

La médiation de projet est en réalité un outil de maîtrise des risques, qui, comme dans tout projet, ne doit pas se limiter aux menaces, mais embrasser aussi les risques positifs, ou opportunités. Ainsi, le médiateur peut être sollicité sur les clauses de solutions d’amélioration ou de solutions alternatives, qui incluent du partage de gain alors que sans médiateur, une partie peut redouter d’en parler de peur de ne pas en profiter pleinement.

Un objectif commun

En conclusion, la médiation de projet n’a pas pour unique but de régler les problèmes, mais permet aussi de rappeler que les acteurs ont tous un objectif commun. C’est de la communication, qui est un facteur clé d’échec/succès de projet.

L’idée c’est de faire en sorte que les conflits n’existent pas, tout en démultipliant les opportunités.

  • Jean-Charles Savornin
    Jean-Charles Savornin

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