EPC vs. EPCM

Le métier des projets est bourré d’acronymes.

S’il est facile de s’en sortir pour bon nombre d’entre eux, EPC et EPCM restent souvent mal compris.

Une foultitude d’acronymes

Une existe une foultitude d’acronymes pour décrire le cycle du projet et les rôles et responsabilités, chaque secteur ayant les siens.

Souvent en langue anglaise, nous retrouvons ainsi D&B, E&C, BOT, BOOT, BOOM, EPC, EPICC, et j’en passe.

Si la signification de ces différents termes est assez simple à appréhender, EPC et EPCM sont parfois confondus ou mal maitrisés.

Attention, je ne dis pas qu’un BOOM est limpide, car tout est ensuite dans la définition des interfaces et des détails. Et les interfaces, foi d’ancien connecticien, c’est un sujet plus qu’épineux!

Mais revenons sur différentes définitions :

D&B : terme repris par FIDIC pour désigner les contrats de Design&Build, décrivant une situation où le contractant réalise la conception (souvent détaillée, parfois préliminaire) et la construction.

E&C : Engineering and Construction : très proche du D&B, cette dénomination est parfois reprise par les entreprises pour désigner leur département ou pôle en charge à la fois de l’ingénierie (le bureau d’étude) et de la construction (monteurs, metteurs en route, superviseurs). C’est par exemple le cas d’Air Liquide.

BOT : Build-Operate-Transfer. Il s’agit en général du cas où le contractant va non seulement faire la conception et la construction d’une infrastructure (aéroport, autoroute,…), mais va en plus l’exploiter pendant une durée spécifiée, sans en être propriétaire, puis en transférer l’exploitation au propriétaire (le maître d’ouvrage en bon français). C’est le cas par exemple des concessions.

BOOT : Build-Own-Operate-Transfer. Ce cas est assez proche du BOT, avec de surcroit une possession de l’infrastructure par le contractant durant toute la durée de l’exploitation, possession qui retourne au « propriétaire », le maître d’ouvrage, à la fin de la période définie.

BOOM : Build-Own-Operate-Maintain. Dans cette situation, le contractant est également aussi propriétaire, ou partie prenante importante de la société projet propriétaire de l’infrastructure. A la différence du BOT ou du BOOT, la propriété ne change pas de main. Le contractant/propriétaire assure lui-même (avec l’aide de sous-traitants toutefois) la conception, la construction, l’exploitation et la maintenance de l’infrastructure.

EPC : Engineering-Procurement-Construction. Ce cas est également souvent appelé « clé-en-main ». Il s’agit du modèle où le contractant réalise, pour le compte du propriétaire de la future infrastructure, les études de conception, l’approvisionnement du matériel nécessaire, et la construction. Cet EPC peut être détaillé en EPICC.

EPICC : Engineering-Procurement-Installation-Construction-Commissioning. Cet acronyme est particulier puisqu’il vient préciser que l’installation et la mise en service seront réalisés par le contractant. Il est à noter que dans le modèle EPC, c’est généralement le cas.

EPCM : voilà l’intrus dans tout cela. Car l’EPCM ne désigne pas un rôle de contractant, mais plutôt d’aide au propriétaire, ou maître d’ouvrage, pour piloter un contractant en charge de l’EPC, de l’EPICC, du BOT ou tout autre schéma retenu.

L’EPCM signifie Engineering, Procurement and Construction Management. Dit autrement, c’est le management de l’EPC. Rien à voir avec de la conception, des achats ou de la construction. C’est un rôle souvent endossé par les ingénieurs-conseils qui vont accompagner leur client (le propriétaire de la future infrastructure) dans le pilotage du contractant en charge de l’EPC.

Quelle situation choisir ?

Quel « acronyme » (ou plutôt mode de réalisation) choisir ? Voilà une bonne question. Retenons déjà que l’acronyme n’est rien sans un descriptif précis de ce que les parties en présences veulent définir. Une matrice de responsabilité (de type RACI ou autre) est donc indispensable.

Ceci étant rappelé, le choix du mode de fonctionnement va dépendre de différents facteurs parmi les éléments suivants :

  • Les compétences du propriétaire / maître d’ouvrage
  • Les attentes des financeurs du projet (investisseurs et banquiers) notamment en termes de prise de risques
  • Le business modèle du propriétaire : tirer ses revenus de l’exploitation ou de la revente du bien
  • Les capacités des contractants disponibles, à la fois pour ce type de réalisation, mais aussi dans le pays ciblé

Et vous, quel est votre mode de travail le plus fréquent ?

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2 réponses à EPC vs. EPCM

  1. vincent leclerc dit :

    Pas facile effectivement de préciser en quelques lignes la différence entre EPC et EPCM. le nombre d’articles qui tentent de l’expliquer le prouve d’ailleurs ! Pour compléter et surtout éviter un raccourci trop souvent entendu, je me permets 3 remarques :
    1- dans un montage de type EPCM, le Owner garde une responsabilité importante des risques…à la grande différence d’un EPC.
    2- l’EPCM contractor assure, à travers un contrat de service, l’Engineering, le Procurement et le Management de la Construction (EPCM donc). Généralement il délivre les études (basic voire detailed design) et, considéré comme « agent de l’Owner », il manage les achats et la phase construction (yc démarrage).
    3- l’EPCM contractor peut être responsabilisé sur des objectifs du projet que sont les jalons clés ou le prix maximum garanti.
    Pour moi dire qu’un EPCM gère un EPC peut porter à confusion; je préfère parler d’un PMC ou alors tout simplement rappeler le terme du FIDIC (i.e. Ingénieur Conseil) pour désigner la personne/l’éntité qui va accompagner le Owner pour le pilotage d’un EPC.
    Bref, un vaste sujet que ton article Jean-Charles a le mérite d’aborder et qui me donne l’occasion de rappeler combien la réflexion sur le « Delivery Model » lors de l’établissement de la Contracting Strategy est fondamentale. Vous passez trop vite sur cette étape et c’est un projet qui souffrira pendant toute son exécution et au-delà (quand le Owner recherchera des responsabilités auprès des parties prenantes pour non atteintes des objectifs).

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