Challenge pour l’équipe Siemens en Corée du sud par, G.Lauzol

Un projet stratégique … 

Guillaume Lauzol

Entre 2008 et 2011 je co dirige le projet du métro automatique de Uijeongbu pour Siemens France. Ce projet consiste en la construction clé-en-mains d’une ligne de métro automatique pour l’agglomération de Séoul, en Corée du sud. Siemens est l’architecte historique de ce système sans conducteur éprouvé, qui peut démontrer des lignes déjà en service à Lille, et Toulouse et à l’aéroport CDG par exemple. Pour Uijeongbu, Siemens a la charge du système, des automatismes, du poste de contrôle, des études de sécurité, de la voie et de la fabrication du matériel roulant. Le projet implique 4 divisions, et est à ce titre stratégique, et la filiale française en prend le lead opérationnel et contractuel.  C’est notre premier projet en Corée.

… avec nombreuses parties prenantes et constellation de contrats

L’articulation contractuelle de ce projet repose sur un partenariat public privé entre la ville de Uijeongbu, le gouvernement coréen, et des partenaires industriels comme GS E&C et des institutions financières (Lenders) à l’origine de la naissance d’une société concessionnaire de la ligne de métro, la SPC. Celle-ci est conseillée par Systra, un expert du pilotage des projets ferroviaires. Siemens rejoint le consortium d’entreprises coréennes pour livrer la ligne de métro à la SPC après 5 ans de construction du viaduc et du système sans conducteur. 

Enfin le contrat est un contrat de droit Coréen et l’arbitrage est l’ICC à Singapour, écrit en anglais et coréen qui prévaut. La maîtrise de la compréhension mutuelle entre les parties est une des clé de la réussite de ce projet. 

Le business model de notre client est de réaliser du profit après la phase de construction par  l’exploitation de la ligne pendant 30 ans, tout en remboursant sa dette sur cette même durée. 

Ce projet regroupe de nombreuses parties prenantes et une Constellation de contrats : contrat de concession entre le client et la ville, contrat de financement entre la SPC et les Lenders, contrat de pilotage de projet, pacte d’actionnaires de la SPC, contrat de construction avec le consortium d’entreprises et enfin le contrat de consortium. Le contrat de construction prévoit des pénalités de retard à hauteur de 10% du budget total de construction. 

Le client et son projet mis en danger …

Les entreprises de GC en charge de la construction du viaduc en béton de 10 KM de long, connaissent une série d’accident certains mortels, qui provoque l’arrêt du chantier par la justice coréenne. La mise en service était prévue le 27 Aout 2011, et le projet a pris 17 Mois de retard…

Cette situation inédite provoque la mise en défaut de la SPC par les Lenders qui menacent de retirer leurs prêts. La SPC est alors en risque de faillite. 

Nouveau départ et opportunité commerciale

Devant ce risque majeur pour avenir du projet le client se tourne vers le consortium pour concevoir un plan d’accélération. La réalisation de la voie, les automatismes et les tests d’endurance, càd le cœur du système, et le matériel roulant sont sur le chemin critique. Or c’est notre lot ! L’équipe projet Siemens conçoit donc un planning inédit par un dédoublement des tâches, des équipes de tests, et le travail de nuit. Après plus 6 mois de négociation avec la SPC, nous obtenons un avenant au contrat de construction, profitable et à la satisfaction du client car le projet est sauvé ! 

Par Guillaume Lauzol

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